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Terpènes VS Organosulfures
Mis à jour le 01/03/2026
Vous avez déjà ouvert un bocal d’herbe et vous ne l’avez pas reconnue ? Elle était fruitée, gourmande, mais elle sent d’un coup la gousse d’ail, le chimique, le puant ? Si ça vous est arrivé, sachez que ce n’était pas une anomalie, c’était le soufre qui s’exprimait. Le bouquet initial reste d’ailleurs présent et souvent juste derrière !
Les terpènes, ou terpénoïdes, et les composés organosulfurés sont des types de composés chimiques et odorifiques présents dans le cannabis. Ils jouent un rôle essentiel dans son arôme et ses propriétés. Les terpènes sont des hydrocarbures aromatiques que l’on trouve dans les huiles essentielles de nombreuses plantes, y compris le cannabis. Ils sont composés d’unités isopréniques et se distinguent par leur structure carbonée.
La richesse gustative et olfactive du cannabis repose sur les terpènes, mais pas que ! Aujourd’hui cette prédominance des terpènes est remise en question. Il existe en fait de nombreux composés mineurs non-terpénoïdes.
NOUVELLE ETUDE (LIEN)
Les terpènes et flavonoïdes, souvent présents dans les plantes comme le cannabis, attirent de plus en plus l’attention pour leurs effets bénéfiques sur la santé. Certains, comme le β-caryophyllène, agissent directement sur le système endocannabinoïde, un réseau clé dans la gestion de la douleur, de l’humeur ou de l’inflammation. D’autres, comme la quercétine, pourraient renforcer les effets des cannabinoïdes sans en être eux-mêmes.
Parce qu’ils sont plus faciles à utiliser légalement et qu’ils offrent des effets variés et prometteurs, ces composés naturels pourraient bien jouer un rôle majeur dans les traitements de demain, notamment contre les maladies chroniques ou neurologiques.

Introduction
Des études récentes ont révélé que la corrélation entre les terpènes dominants et les caractéristiques aromatiques divergentes des variétés n’est pas aussi directe qu’on le pensait. D’autres composés sont fortement responsables tels que les organosulfures, les esters et bien d’autres.
Les composés organosulfurés renferment du soufre dans leur structure. Ils peuvent être présents dans différentes plantes, contribuant à certains arômes spécifiques.
Les organosulfures sont des composés essentiels pour la santé du sol de jardin et la croissance robuste des plantes. Le soufre est indispensable dans l’absorption des nutriments par les racines des plantes et la formation des tissus végétaux. Ces composés peuvent être apportés au sol de différentes manières. Notamment par l’ajout manuel de soufre broyé ou par la décomposition de la matière végétale. Cela permet aux plantes d’y accéder.
Ils sont majoritairement des thiols et des dérivés soufrés volatils présents infimement, mais ils gardent un pouvoir olfactif assez puissant. En anglais, on dit VSC : Volatile Sulfur Compounds.
Arômes et effets
Concernant l’arôme et l’odeur, les terpènes offrent un large panel de parfums, de notes, allant du fruité au boisé, en passant par le floral et le terreux. Quant aux composés organosulfurés, ils sont responsables d’arômes spécifiques. Souvent décrit comme étant similaire à celui du putois, contribuant ainsi à la formation de l’odeur distinctive et puissante du cannabis. Le côté animal, skunk, le gaz, l’ail, l’oignon, l’exotisme…etc les arômes « puissants » quoi. Ce sont eux qui donnent généralement le coup de fouet puant et toxique à un bouquet. Comme les GMO, les Chem et autres variétés emblématiques puantes.
L’arôme caractéristique du cannabis, similaire à celui du putois, provient d’une nouvelle famille de composés volatils soufrés (VSC). Le 3-méthyl-2-butène-1-thiol est le principal composé contribuant à cet arôme dans différentes variétés de cannabis. Ces VSC sont conservés même après le processus d’extraction par hydrocarbures pour produire des produits concentrés d’extrait de cannabis, ce qui donne à ces variétés des arômes forts. D’autres VSC partagent d’ailleurs ce schéma terpéno-soufré.
Le soufre c’est bon pour le goût, mais il peut heurter la vie du sol s’il est trop présent car il est très antimicrobien.

Tous les composés organosulfuré ne sont pas des polluants de mauvaise odeur. Des composés comme l’allicine et l’ajoène sont la cause de l’odeur de l’ail et la lenthionine contribue au parfum des champignons shiitaké. Beaucoup de ces composés organosulfurés naturels ont aussi des propriétés médicinales importantes comme de prévenir l’agrégation des plaquettes du sang ou dans la lutte contre le cancer. – Wikipedia
On a longtemps attribué l’odeur et la puissance olfactive du cannabis uniquement aux terpènes. Ils y sont pour quelque chose, mais pas pour les côtés agressifs, le punch qu’a une herbe fraiche, ce qui sent « très très fort », ce qui traverse des grandes distances, ce sont la plupart du temps les VSC.
Sol et culture
Le soufre peut être converti en acide sulfurique par des bactéries, ce qui est bénéfique pour les plantes. Par exemple, si le pH du sol est trop élevé, le soufre peut le réduire à un niveau optimal pour les plantes. Il n’est pas nécessaire d’ajouter du soufre seul au sol, car l’utilisation de compost peut fournir des niveaux optimaux.
L’utilisation de fumier peut également augmenter la disponibilité de soufre, mais il est préférable de l’appliquer sur le côté pour les plantes déjà en croissance, plutôt que de l’étaler autour des tiges. Attention, trop de soufre dans le sol peut entraîner des problèmes en interférant avec l’absorption des nutriments. Faites analyser votre sol si vous avez des doutes !
Dans la culture du cannabis, les concentrations des composés organo-soufrés augmentent en fin de floraison, sur les dernières semaines, atteignent leur maximum pendant le séchage, puis diminuent après seulement 10-15 jours de stockage.

Comme le conseille Leo Stone dans son pdf dédié, l’utilisation de minéraux comme le gypse ou le sel d’epsom sont conseillés. Ce sont des apports « doux » de sulfates de calcium et magnésium. La plante sera nourrie sans aller vers une stérilisation du sol. Il faut bien gérer ses dosages et utiliser des bactéries qui réduisent le soufre en le rendant assimilable pour que les VSC soient « augmentés ».
On peut donc gérer son soufre afin de booster les thiols et les VSC sans forcément heurter sa culture ou le vivant. Des fleurs « plates » peuvent d’ailleurs être victimes d’une carence en soufre.
Un bon sol vivant nourri en soufre va permettre aux plants de développer leurs bouquets aromatiques sans que ceux-ci partent dans une extreme ou dans une autre. Tout ce qu’il faut éviter, c’est surtout d’avoir des carences ou une note non désirée exacerbée dans le bouquet.
Etudes et conclusion
Les composés organosulfurés présents dans le cannabis ont fait l’objet de moins d’études que les terpènes. Mais des recherches futures pourraient révéler des bénéfices potentiels pour la santé.
En résumé, les terpénoïdes et les composés organosulfurés sont deux groupes de composés chimiques distincts présents dans le cannabis. Ils jouent un rôle crucial dans son arôme et ses propriétés. Les terpénoïdes offrent une large gamme d’arômes, tandis que les composés organosulfurés sont responsables de tout le puant ail, skunk, animal, gmo… Bien que les terpénoïdes aient été davantage étudiés pour leurs propriétés médicinales, il existe des opportunités de recherche intéressantes pour mieux comprendre les bienfaits potentiels du cannabis grâce aux composés organosulfurés.
Ail, oignon, brocoli, salade… c’est aussi valable pour d’autres végétaux et légumes !

Sources :
Optimiser les VSC dans les systèmes de sol vivant – Leo Stone (lien)
Des composés volatils mineurs non terpénoïdes déterminent les différences aromatiques du cannabis exotique (lien)
Développement de méthodes de dosage quantitatif des polysulfures totaux et réactifs : Profilage des polysulfures réactifs dans les végétaux (lien)
Identification d’une nouvelle famille de composés soufrés volatils prénylés dans le cannabis révélée par une chromatographie en phase gazeuse bidimensionnelle complète (lien)
Organosulfur Compounds (lien)
Wikipedia (lien)











